Si internet finançait l’industrie culturelle française.

Rêve, voire Utopie pour nombre de pirates, la décriminalisation du libre échange sur le net, au-delà de réduire à nullité les services HADOPI (qui entre nous sont incapables de traquer les vrais pirates) , pourrait permettre de financer et soutenir la production et la création artistique française, et ce pour seulement deux euros par mois et par foyer payant une facture à un FAI.
Vous me direz, « t’es mignon avec tes deux euros, mais d’où tu sors ça? », et il serait tout à fait légitime de vous interroger! Donc pour les moins enclin à jouer les moutons, voici le détail de mes recherches et calculs!

Premièrement, les données! Quelques recherches via notre meilleur ami (google) et nous pouvons déjà récupérer nos infos de base :

– Nombre d’abonnements internet : 22,5 millions

– Prix moyen d’un abonnement internet : 32Euros

– CA (chiffre d’affaire) secteur Musical : 617 millions d’euros (! ce chiffre n’inclus pas les concerts et prestations directes des artistes!)

– CA secteur Cinématographique : 1.49 Milliards d’euros

– CA secteur Edition : 2,67 Milliards d’eurosToutes ces infos sont valables en France sur l’année 2012, pour les ventes de biens culturels sur support physique et numérique.

Harmonisons un peu tout cela pour plus de visibilité, ce qui nous donne un CA du secteur culturel français à (approximativement) 4,8 Milliards d’euros sur l’année 2012.

Maintenant petit calcul de CM1 : Cumul CA / nombre d’abonnement internet = 4,8*10^9 / 22,5*10^6 = 22Euros/an/abonnement soit 1,84euro/mois.
Donc, en résumé, pour moins de 2Euros de plus par mois sur leur facture internet, les français pourraient d’une part avoir un accès illimité à la création culturelle, et de plus contribuer activement à développer celle-ci!

Ces deux euros, représentant tout de même près de 20% du prix moyen d’un abonnement, pourraient être prélevés par le biais d’une taxe spécifiquement liée aux moyens et services de communications électroniques, une TVA réduite (7% au lieu des 19,6% actuels) aidant à limiter l’impact de cette taxe spécifique sur le prix final de l’abonnement.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin, car si il est intéressant de voir comment compenser la perte de chiffre d’affaire des acteurs du secteur culturel, il ne faut pas oublier comment redistribuer cette taxe. Dans l’absolu, l’intégralité des ventes réalisées par ces acteurs ne va pas se stopper du jour au lendemain, il n’est donc pas besoin de compenser l’intégralité du « CA culturel », ou tout du moins de le redistribuer dans son intégralité aux majors. On pourrait envisager un mode de redistribution compensatoire assurant au minimum le CA de l’année passée aux maisons de production et d’édition, avec bien sûr des clauses « anti-abus ». Le reste de cette taxe perçue pourrait, d’une part permettre d’assurer un revenu minimal aux intermitents (Pôle emploi exigeant par exemple un minimum de 40 dates par an pour indemniser les musiciens), et également servir de « fonds de soutien à la création et à la diffusion culturelle ».

N’étant pas économiste moi-même, je me suis basé sur une réflexion qui me semblait logique, essayant de trouver les données les plus justes afin de réaliser ce développement. Je considère cet article comme un axe de réflexion, et invite toute personne qui aurait plus de connaissances du secteur à me reprendre, me corriger ou encore me compléter! Mais je crois que l’effort qui serait demandé resterait dérisoire aux vus des bénéfices apportés tant d’un point de vue financier qu’artistique.