Age et Insécurité

Il est bien connu que nombre d’individus, voyant le temps avancer et leurs forces décliner, se sentent de plus en plus menacés à mesure que le temps les fuit.

Or à l’heure où j’écris ceci, une grande partie de la classe dirigeant le pays est bien moins proche du début que nombre de citoyens qu’elle se doit d’administrer. En conséquence, seuls ceux correspondant à la moyenne d’âge des politiques se retrouvent réellement dans les discours actuels, qui, sous-tendu par une volonté de rester « en pouvoir », réélisent mandat après mandat les mêmes candidats.
Mais ces élus, malgré leur capacité à avoir une vue globale de la société, ne font que ralentir le processus naturel d’évolution des civilisations au détriment des générations futures. J’en veux pour preuve l’impossibilité qu’ont les grandes nations à adopter un accord mondial sur l’écologie, ou encore le refus de voir le monde comme « une » terre où, plus que les biens, les humains devraient pouvoir se déplacer sans contrainte. Mais cette peur viscérale du changement et du différent, qui ne fait malheureusement que croitre avec l’âge, nous mène à une société ultra-sécuritaire où la moindre revendication mène au soupçon.
Et si par malheur l’État venait à prendre les devants sur l’évolution, la masse des conservateurs n’hésiterait pas à le rappeler à l’ordre.

Et c’est ainsi que se forme le cercle de l’insécurité, les masses ayant de plus en plus peur, et les politiques surfant sur cette vague accroissent le sentiment d’insécurité, se confortant eux-mêmes dans l’idée qu’ils sont en phase avec leur époque, sans voir qu’ils ont fait leur temps!

Il faut donc imposer le respect de l’âge légal de départ en retraite jusque dans les plus hautes sphères de l’État. Sinon, vous pouvez toujours commander des couronnes de fleurs pour la mise en bière de la civilisation!